1er Rapport de notre Partenaire Local

Message de Tayyab Syed :

Nous vous sommes extrêmement reconnaissants pour les efforts sans relâche que vous déployez en vue de collecter ces sommes considérables. Nous apprécions tous votre contribution en faveur des survivants du séisme. Pour notre part, nous mettons tout en œuvre pour obtenir des tentes hivérisées et nous assurer que les approvisionnements de secours vont directement aux victimes dans leurs villages et leurs foyers.

Dans un premier temps, nous avons constitué une équipe de 13 membres plus deux médecins et deux chauffeurs, soit 17 personnes en tout au camp. Pour les approvisionnements de secours, nous avons réuni tout un assortiment d’articles car nous n’avions pas une idée précise des besoins :

  • Bâches : 50 (de 3 x 4 mètres chacune)
  • Toiles plastiques : 10 rouleaux (de 100 x 3 mètres, chacun)
  • Rations de nourriture : Lots de 150 rations chacun, soit la quantité nécessaire à une famille pendant une semaine (dont farine, riz, lentilles, huile, thé, sucre et quelques épices.
  • Médicaments : 10 cartons de médicaments de premiers secours, dont des bandages et des masques.
  • 10 ballots : de couvertures et de vêtements chauds donnés par mes neveux

Le matériel médical a été fourni au Dr. Hamid par des pharmacies de Peshawar.

Dans le cadre de la première phase de notre intervention, alors que nous roulions de nuit sur la route menant de Lahore à Abbotabad (lundi 10 octobre)- nous avons été rejoints par un ami de Lahore qui transportait deux chargements complets de secours mais qui ne disposait pas de la main-d’œuvre nécessaire pour les acheminer directement jusqu’aux villages touchés par le séisme. Nous avons donc décidé de nous unir pour ne former qu’une seule équipe. Aux premières heures du jour, la route conduisant à Abbotabad était déjà encombrée par les camions transportant l’aide fournie par la population du reste du pays. A Abbotabad, nos amis de Peshawar (Dr. Hamid et son assistant Naik Mohammad) se sont joints à nous, mais il nous a fallu encore beaucoup de temps avant d’arriver à Mansehra en raison du trafic très important dû aux camions transportant les secours. Nous avons appris par des amis de Mansehra que la plupart de l’aide transportée par les camions était destinée à Balakot (vallée de Kaghan) et à Muzaffarabad (Cachemire). Comme la vallée du Siran avait aussi été gravement touchée par le tremblement de terre et que l’aide n’y était guère encore parvenue, nous avons décidé d’y aller.

On entre dans la vallée du Siran par la KKH à partir du village de Shinkiari. Le trafic n’y était pas aussi dense, mais la vallée était entièrement endommagée. L’armée pakistanaise, déjà présente dans le bas de la vallée, déroutait les secours. L’armée était arrivée assez loin, jusqu’au village de Dhadar, et s’employait, au-delà du village, à rouvrir la route bloquée par de nombreux glissements de terrain. Après avoir consulté l’armée et les responsables locaux, nous avons décidé d’installer notre camp de base dans le village de Dhadar.

Le lendemain, dès l’aube, nous avons quitté notre camp, emportant dans nos sacs du matériel médical et comme la route avait été dégagée après le village de Jaburi, nous l’avons prise jusqu’à ce qu’un autre glissement de terrain important nous empêche d’avancer. Nous avons alors marché jusqu’aux villages qui attendaient les équipes de secours. Nous avons installé le premier camp médical dans le village de Sacha. Comme aucun médecin n’était encore arrivé jusque-là, il y avait beaucoup à faire. En l’espace d’une demi-heure la nouvelle s’est répandue dans les villages environnants et nous avons alors consacré tout notre temps à nettoyer et désinfecter les plaies des survivants. Comme ils n’avaient quasiment pas de médicaments, ils s’étaient contentés de bander leurs plaies à l’aide de morceaux de tissu. Nous avons dû retirer ces pansements de fortune, nettoyer les blessures avec de la Payodin (sic), gratter les plaques de gangrène puis appliquer les traitements adéquats et refaire des pansements propres. Ce fut très dur au début, mais avec les conseils de Hamid et de Naik, nous avons rapidement réussi à surmonter nos peurs et les cris des blessés. Les patients repartaient, une fois soignés, avec une semaine de pansements, médicaments et antibiotiques et après qu’on leur ait recommandé de nettoyer les plaies tous les jours pour éviter l’infection. Vers la fin de l’après-midi, les patients les plus gravement atteints ayant cessé d’affluer, nous avons commencé à nous occuper des pathologies plus légères : céphalées, diarrhée et grippe. Nous avions pour cela suffisamment de médicaments que nous avons distribués aux malades. Nous avons évalué les besoins du village en approvisionnements de secours puis nous leur avons donné des bons les autorisant à venir jusqu’à nos camions chercher les vivres et produits dont ils avaient besoin. Nous sommes rentrés à pied au camp de base en début de soirée.

Ce fut là la manière dont nous avons procédé les jours suivants, car le glissement de terrain était si important qu’il fallait au moins trois jours avant de tout déblayer. Nous avons ensuite travaillé dans les villages de Nawaz Abad, Jabbar Nala et Jabbar Gali. Comme nous rentrions à pied au camp depuis le village de Jabbar Gali, l’un des derniers, nous avons appris la bonne nouvelle : la route serait à nouveau ouverte dès le lendemain. Mais ayant alors épuisé nos approvisionnements en vivres et médicaments, nous avons décidé de mettre un terme à notre intervention.

Il était important de distribuer les vivres et autres articles dans les villages car l’essentiel des camions de secours s’arrêtaient au niveau des grands axes routiers et se mettaient à distribuer l’aide ici et là. De cette manière, ceux qui en avaient le plus besoin en ont sûrement été privés et les populations vivant à proximité des routes ont certainement eu plus que la juste part qui leur revenait. Nous ne pouvons pas les blâmer car il s’agit pour la plupart de pauvres gens qui se sont mis ainsi à stocker des vivres pour l’hiver. Mais, à l’évidence, ce système n’était pas juste pour les villages reculés qui n’ont rien reçu. L’armée a elle aussi adopté la méthode consistant à évaluer en premier les besoins puis à distribuer l’aide à partir de ses camps. Je pense que c’est là le meilleur moyen de faire en sorte que votre contribution ne soit pas détournée par ceux qui ne cherchent qu’à stocker.

La plupart des maisons dans les villages situés en hauteur avaient été rasées par le séisme, et les autres n’étaient plus du tout habitables. Les gens ont ainsi été contraints de s’installer en plein air car la terre continue de trembler dans cette région. On imagine les difficultés qu’il y a à vivre là alors que les secousses se succèdent toutes les deux heures déclenchant, lorsqu’elles sont particulièrement fortes, des glissements de terrain. Dans la région, les cadavres ont été pour la plupart recouverts et enterrés par les villageois, mais l’odeur de la mort n’en reste pas moins partout présente. Nous portions tous des masques et des gants pendant nos déplacements et nos interventions dans ces zones. Les miasmes proviennent des animaux morts piégés sous les éboulements et dans les décombres des maisons. Nous avons réussi à les convaincre d’enlever ces cadavres et de les enfouir en raison du risque d’épidémie pour les survivants. Les gens commencent à présent à reprendre le contrôle de la situation.

Sur notre chemin de retour, nous avons également visité Thandiani, au-dessus d’Abbotabad, car nous connaissions bien des habitants de cet endroit, qui nous avaient prêtés leurs chevaux alors que nous nous rendions à Nathiagali.

Nous sommes rentrés le 17 au soir, après avoir épuisé nos stocks de secours et de médicaments, notre action consistant à présent uniquement à nous procurer des tentes adaptées aux températures hivernales.

Maintenant, concernant la deuxième phase, nous concentrons nos efforts sur les TENTES pour les survivants. C’est là un besoin essentiel pour le moment car l’hiver approche à grands pas et les survivants sont en grande partie sans abri. L’ampleur des dégâts est trop grande pour nos modestes capacités. Mais si nous pouvons fournir aux survivants de quoi s’abriter, nous les aiderons sans aucun doute à surmonter les rigueurs de l’hiver.

Que tous nos amis qui sont prêts à nous aider, par la générosité de leurs dons, dans cette deuxième phase des secours trouvent ici l’expression de notre gratitude.

Khuda Hafiz

Tayyab
Pour l’équipe de Karavan Leaders Pakistan

(This translation from the English is provided courtesy of Antoine Getten and his staff at Agence Translations, Paris, France.)

séisme pakistan, séisme, pakistan, Jasmine Syed, Syed, aide pakistan, assistance pakistan, catastrophe pakistan, don pakistan, donation pakistan, humanitaire mission pakistan, séisme pakistan, tremblement de terre pakistan, tremblement pakistan, victims pakistan, Orrick lawyers, advocats, Jasmine, David Syed, Bruno, Morandi, shelter, abris, pakistan, ong ngo, don, donation, Association pour les victimes du seisme au pakistan, Association for assistance to earthquake victims in pakistan, photos, foto, fotos, français, française